Mes Clients Entre nouveaux arbitrages et accélération du phygital, les métamorphoses de la consommation

Au sortir du confinement, le 11 mai prochain et dans les semaines suivantes, vos clients serontils au rendez-vous pour la reprise ? A quel rythme reviendront-ils dans vos magasins et avec quels besoins et attentes ? Pour y répondre, nous avons interrogé 2 experts de la consommation et du marketing, Nicolas Diacono, analyste digital senior, L’Echangeur BNP Paribas Personal Finance, et Max Poulain, docteur en sciences de gestion, maître de conférences à l’université de Caen en charge du Master marketing de l’Institut d’administration des entreprises.

Nicolas Diacono, analyste digital senior, L’Echangeur BNP Paribas Personal Finance

Max Poulain, docteur en sciences de gestion, maître de conférences à l’université de Caen en charge du Master marketing de l’Institut d’administration des entreprises

Nouveaux arbitrages et réévaluation des priorités de consommation
La durée du redémarrage de votre activité dépend avant tout du comportement des consommateurs à l’issue du confinement. Vont-ils opter pour un rattrapage d’une consommation stoppée nette en privilégiant les achats plaisir ? Ou au contraire, adopter un comportement guidé par la prudence et de nouveaux arbitrages ?

“La crise sanitaire opère un rééchelonnement des valeurs en faveur de la santé. C’est un atout à saisir pour les opticiens”

“En France, la consommation va dépendre directement des revenus. Une certaine catégorie de la population pourra se tourner vers des achats plaisir, pour compenser la diète du confinement. Mais je suis convaincu que cette attitude restera marginale”, indique Nicolas Diacono. “Les consommateurs vont privilégier d’autres arbitrages en se recentrant sur des dépenses plus essentielles.” Dont celles de santé. “La crise sanitaire opère un rééchelonnement des valeurs en faveur de la santé. A la question environnementale qui impacte depuis plusieurs années les modes de consommation s’ajoute désormais la dimension sanitaire fondamentale”, analyse Max Poulain. “C’est un atout à saisir pour les opticiens. A condition de bien savoir mettre en avant leur utilité sociale comme professionnels de santé, ce qui n’a pas été forcément le cas pendant la période de confinement.”

Renforcer la dimension phygitale
L’épidémie accélère également certains comportements des consommateurs déjà bien visibles avant la crise. Sur certains secteurs comme l’alimentaire et les produits de grande consommation, sans surprise, on observe des augmentations d’activité et de trafic très significatives du e-commerce en raison de la fermeture des magasins. Mais, selon la Fevad (Fédération du ecommerce et de la vente à distance), ces hausses doivent néanmoins être nuancées : ce sont les structures …