La réforme de la formation,
une nécessité pour
l’ensemble de la filière
des 3 “O”

Dans les cartons depuis plusieurs années, la réforme de la formation des opticiens peine à être effective. Et ce, en dépit des propositions du dernier rapport Igas de 2020, qui promeut la création d’une licence de santé visuelle selon 2 parcours (orthoptie et optique de santé), avec passerelles, et d’un master de pratique avancée accessible aux orthoptistes et opticiens. Des préconisations reprises par le Livre blanc présenté en avril 2022 par le CIO (Conseil interprofessionnel de l’optique) et validé par l’ensemble des représentants de la profession (Casopi, Fnof, Gifo, Rof, Synom). Le document, diffusé auprès des pouvoirs publics, appelle de ses voeux la mise en place d’une licence de santé visuelle, d’un master de pratique avancée en milieu hospitalier, et le renforcement de l’enseignement en contactologie et en basse vision. À l’heure actuelle, le CCNOF (Collège du Conseil national des opticiens de France) a construit un référentiel d’activités, base de travail vers l’universitarisation avec un parcours LMD en faculté de médecine, dont une formation en 3 ans au niveau licence qui ouvrirait à l’exercice d’opticien. Une condition sine qua non pour que les pouvoirs publics puissent envisager de nouvelles délégations de tâches aux opticiens. Ce qui signifierait, évidemment, une refonte complète du diplôme d’opticien et non le simple ajout d’une 3e année d’études complétant le BTS-OL actuel. Une réforme que la Fnof (Fédération nationale des opticiens de France), dans un manifeste diffusé en juin auprès des candidats aux législatives, juge nécessaire pour que les 3 “O” puissent réellement travailler ensemble : “Les 3 professions, ophtalmologistes, orthoptistes et opticiens, doivent être formés dans le même lieu L’OPHTALMOLOGISTE L’ORTHOPTISTE L’OPTICIEN LUNETIER avec les mêmes enseignants de manière à disposer du même langage et de la même culture professionnelle. Les formations post-BTS qui se sont développées en faculté de sciences l’ont été sans l’aval de la profession et sans lien avec le monde de la santé”, insiste la Fnof. “Bien sûr, il faut une licence. Mais pour faire quoi ?”, demande Alain Gerbel, président de la Fnof. Il ne s’agit pas d’ajouter une année supplémentaire de formation à l’actuel BTS-OL car cela ne saurait répondre aux attentes portées par la profession, selon lui. Il est fondamental de prévoir un tronc commun de formation, en particulier avec les orthoptistes, mais aussi avec les autres professions du monde cognitif, audioprothésistes, orthophonistes, etc. “La licence est le pré-requis à la prescription. Mais pas n’importe laquelle”, souligne-t-il. “Or, à l’heure actuelle, tout le système de formation, particulièrement en alternance, est fait en pure perte.”