Pénurie d’ordonnances

Les ophtalmologistes s’attendent à des difficultés
économiques et jugent peu utile la délégation aux opticiens

Qu’en est-il de l’activité dans les cabinets d’ophtalmologie ? De la réponse à cette question dépend pour partie l’intensité de la reprise dans les magasins d’optique ces prochains mois. Début juin, le Snof (Syndicat national des ophtalmologistes de France) a dévoilé les résultats d’une enquête menée auprès de 890 ophtalmologistes. Les 2/3 des sondés ont retrouvé une activité entre 60 et 100% de la normale. Autrement dit, 50% seulement des consultations seraient assurées au bout d’un mois de reprise. Ce qui confirme la crainte des opticiens d’une pénurie d’ordonnances dans les semaines à venir. D’autant que si 59% des ophtalmologistes prennent en charge tout type de consultations, prescriptions comprises, ils sont 41% à privilégier les urgences, les patients chroniques ou n’ayant pu consulter et ceux adressés par un confrère. Les opérations chirurgicales peinent, de leur côté, à repartir et seul un tiers des ophtalmologistes exercent au bloc complètement. Compte tenu de cette reprise partielle, 91% des ophtalmologistes s’attendent à une baisse de leur chiffre d’affaires en 2020 dont 58% l’estiment conséquente. Quelles sont les mesures à privilégier face à ces difficultés ? Le développement des équipes d’orthoptistes et d’assistants médicaux, via le travail aidé, pour 70% des répondants au sondage du Snof. 81% se prononcent également en faveur de l’ouverture des postes d’internes. En revanche, 90% jugent inutile ou peu important de renforcer la délégation de tâches aux opticiens. De la même manière, la création de protocoles de téléexpertise avec les opticiens ne convainc que 6% des répondants. Cette enquête du Snof intervient alors que les syndicats d’opticiens ont alerté dès le mois d’avril les pouvoirs publics sur les risques pour la santé visuelle et pour celle du secteur d’une pénurie d’ordonnances dans les semaines à venir. Parmi les solutions proposées : une communication auprès des porteurs sur le possible renouvellement des équipements par l’opticien sur la base d’une ordonnance valide, des mesures dérogatoires ponctuelles pour délivrer en urgence ou sur la base d’une ordonnance non valide, l’allongement de la durée de validité de l’ordonnance. Pour rappel, en novembre 2019, selon une enquête Ipsos du Rof (Rassemblement des opticiens de France), 71% des Français font confiance aux opticiens pour contrôler leur vue.

Thierry Bour,
président du Snof

“La profession s’attend à subir
des conséquences économiques
importantes dans les mois
à venir, impactant directement
les perspectives de recrutement”

La SFO se réinvente pour maintenir son 126e Congrès

S’adapter. Confinement, déconfinement, rassemblements, distanciation… La Société française d’ophtalmologie (SFO) a pris la décision de tenir son 126e congrès en version digitale, les 5 et 6 septembre prochains. Un événement “adapté aux circonstances” et qui “permettra une interactivité en direct lors des sessions avec des échanges, des quiz, etc.”, précise la SFO. Ce congrès numérique sera accessible à tous les membres de la SFO sur le site sfo-online. Seront notamment présentés le rapport conjoint de la SOP (Société d’ophtalmologie de Paris), de la SFOALC et de la SFO sur les avancées en contactologie, et le rapport de la SFO sur la neuro-ophtalmologie pratique.