Juillet-Août 2021

Mensuel pratique et interactif de l’optique

Un si beau métier…

Après un an et demi d’incertitudes fortes pesant sur l’activité économique générale, l’heure est à la reprise dans tous les secteurs. Avec en corollaire, un retour de la dynamique d’embauche. Comme de nombreuses entreprises, vous vous heurtez à des obstacles pour recruter les profils dont vous avez besoin. Cette “pénurie” de CV n’est pas nouvelle. Elle trouve son explication dans de multiples facteurs. Dont, le plus inquiétant pour la profession dans son ensemble, la baisse d’attractivité du métier d’opticien. Face à ces difficultés, il n’est pas aisé de trouver la parade. En juin dernier, l’enseigne Atol a lancé son centre de formation à destination des diplômés de BTS Techniques de vente. Objectif : attirer de nouveaux profils, hors optique, orientés vente et répondre aux besoins de ses opticiens qui peinent à recruter. Une solution que regardent attentivement d’autres acteurs de la distribution, centrales comprises. Mais qui semble aller à l’encontre des évolutions du métier vers une dimension santé plus marquée que la profession appelle de ses vœux. Avec comme risque de diminuer encore l’attractivité de l’exercice en magasin pour les diplômés BTS-OL, dont on sait qu’ils aspirent majoritairement à poursuivre leurs études pour “muscler” leurs compétences en santé visuelle, en contactologie et en réfraction. Et dont une partie, comme l’indique la dernière enquête de l’AOF auprès de 2 695 opticiens (dont 50 % ont moins de 30 ans), préfère opter pour un exercice dans un cabinet d’ophtalmologie.
Que faut-il pour faire “revenir” les diplômés BTS-OL en magasin ? Augmenter les salaires et mieux appliquer les règles de la convention collective en matière de repos hebdomadaire ? C’est ce que prône Alain Gerbel, le président de la Fnof. Tout en insistant sur l’impératif d’une refonte enfin aboutie de la formation sans laquelle aucune évolution vers plus de prérogatives aux opticiens ne sera concrètement possible. Mais quelle que soit sa forme et son contenu, l’attractivité du métier reposera toujours sur sa pluralité : santé, vente, technique, mode, psychologie. C’est en tout cas cette combinaison qui en fait un si beau métier.

Marie-Dominique GASNIER