Octobre 2020

Mensuel pratique et interactif de l’optique

Autorisation prochaine de communiquer sur vos renouvellements

C’est en tout cas l’une des préconisations du rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) communiqué aux instances professionnelles le 14 septembre dernier. Sa publication était attendue avec impatience depuis janvier 2020. Il dessine la feuille de route de ce qui devrait être une amélioration significative de l’accès aux soins en visuels en France. Et une avancée majeure pour toute la profession.
• En termes de croissance de marché, d’abord. En donnant ainsi un coup d’accélérateur aux renouvellements avec adaptation, qualifiés d’outils “extrêmement utiles de désengorgement de la filière visuelle” par l’Igas, les pouvoirs publics entendent “doubler” leur nombre en 2021. Ce qui serait un réservoir de croissance indéniable pour l’ensemble des acteurs du marché.
• En termes de réorganisation de la filière ensuite. Le rapport propose d’accroître véritablement les prérogatives des opticiens au sein de la filière visuelle : autorisation d’adaptation de la primoprescription en cas d’erreur de réfraction, passage de 5 à 7 ans de la validité des ordonnances pour les 16-42 ans, autorisation de prescrire un équipement aux 16-42 ans à faible amétropie (si les mesures précédentes n’améliorent pas l’accès aux soins visuels), élargissement de la liste des matériels d’exploration utilisables par les opticiens… On le comprend, le rapport fait tomber les barrières et entend mettre un terme au véritable “bric-àbrac” organisationnel, selon ses propres termes, dont pâtissent les porteurs au premier chef. Il repousse les limites définies par le décret Opticiens de 2016, tout en s’inscrivant dans une évolution en “douceur” de la filière visuelle.
• En termes d’avenir pour la profession enfin, avec l’évolution de la formation des opticiens, via la création d’une licence de santé visuelle et d’un master de pratique avancée.
La publication de ce rapport est donc une excellente nouvelle. Pour vous comme pour tous les porteurs. Reste à connaître les suites données à ce rapport par le ministère de la Santé. A n’en pas douter, il constitue une étape de l’évolution décisive de la profession d’opticien dans les 2 années à venir. Le calendrier défini par l’Igas (déjà obsolète, pour cause de crise sanitaire et de confinement) montre la volonté d’aller vite. Et nous verrons d’ici la fin de l’année si ces recommandations s’intègrent dans le prochain PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale) qui sera présenté au Parlement.

Marie-Dominique GASNIER