Octobre 2022

Mensuel pratique et interactif de l’optique

Moins, mais mieux !

À la fin de l’été, Emmanuel Macron, le président de la République, a annoncé solennellement la fin de l’abondance et appelé à une forme de sobriété. Une déclaration aux accents plutôt négatifs. Pourtant, on pourrait voir au contraire dans la situation actuelle et la nécessité de consommer autrement une opportunité de se diriger vers un mode de consommation meilleur pour la sécurité et la santé de chacun.
L’optique n’est pas en reste de ce point de vue. Certes, les mois qui s’annoncent sont lourds de menaces : la baisse du pouvoir d’achat des Français les conduit à des arbitrages qui pourraient se faire sentir dans vos magasins, alors que les dépenses moyennes en optique ont déjà légèrement reculé. Les hausses des prix de l’énergie auront des répercussions également sur la gestion de vos points de vente et vous imposent de nouvelles contraintes.
Mais les mois qui s’annoncent sont aussi porteurs de bonnes nouvelles. Vous exercez sur un marché ancré dans la santé et répondez à des besoins qui ne feront que croître avec des amétropies qui progressent. Surtout, l’aspiration à bien voir est croissante chez tous les Français.
La période incite à consommer moins mais mieux… ? C’est en réalité une aubaine pour vous et l’occasion de mettre en avant ce qui fait le cœur de votre métier, son sens et sa valeur : vous êtes des professionnels de santé, capables de travailler en lien avec les autres métiers de la filière visuelle, au service de la population à laquelle vous proposez le meilleur équipement en fonction de ses besoins, ses usages et ses envies. Dans son parcours de soins, votre rôle est très important et ne se limite pas à la délivrance de lunettes sur la base d’une réfraction.
Une définition du métier qui devrait vous permettre de dépasser l’antagonisme qui devient stérile entre un “opticien de santé” centré sur la réfraction et un simple vendeur d’équipements optiques. De quoi, en tout cas, rendre de nouveau profondément désirable pour les jeunes (et les moins jeunes) générations l’exercice en magasin. Il est grand temps que la filière, dans son ensemble, se mobilise pour redonner toute son attractivité à la profession. Il en va de son avenir et de la santé visuelle de tous les Français.

Marie-Dominique GASNIER