Mai 2021

Mensuel pratique et interactif de l’optique

100 % Santé : enfin des acquis pour la profession ?

C’est en tout cas ce qu’on peut espérer à l’issue du dernier Comité de suivi qui s’est tenu le 13 avril dernier. Olivier Véran, le ministre de la Santé et des Solidarités, y a annoncé une première réunion le 22 avril avec les syndicats des opticiens pour amorcer les discussions sur la mise en place des préconisations du rapport Igas, paru en septembre 2020. Parallèlement, il a confirmé que l’évolution de la formation et des délégations de tâches est inscrite à l’agenda de la DGOS (Direction générale de l’offre de soins). Au-delà de la “querelle” de chiffres sur le pourcentage effectif de l’offre 100 % Santé (15,5 % des équipements  ? 17,6  %  ?), ces annonces du Comité de suivi, ajoutées à la nouvelle convention Cnam effective en janvier 2022, laissent augurer d’une accélération (enfin !) de la réorganisation de la filière de santé visuelle. Si l’on passe au second volet de la réforme dans les mois qui viennent avec des éléments concrets, c’est une excellente nouvelle pour toute la profession. Car il est grand temps, et l’enjeu en 2021 reste de taille : faire évoluer le métier vers un opticien de santé, fluidifier réellement l’accès aux soins, prendre en charge les besoins croissants de bien voir et relever le défi d’une prévalence croissante de la myopie chez les enfants. Pour y répondre, il devient urgent de faire évoluer les règles régissant les prérogatives de chacune des professions de santé visuelle concernées. D’autant que les avancées technologiques permettent à des acteurs hors filière de venir se “positionner” sur le “marché” de la santé visuelle, sans aucun respect des règles en vigueur. On l’a vu ce mois-ci avec l’initiative de Monoprix qui propose à la fois de délivrer des ordonnances par téléconsultation et des équipements optiques. Le conseil national de l’Ordre des médecins n’a pas tardé à rappeler le nécessaire respect du code de la Santé publique et appelle à une régulation des offres de télémédecine par des sociétés intermédiaires à vocation commerciale. La téléconsultation en magasin est un sujet que l’ensemble de la filière doit aborder conjointement avec les pouvoirs publics pour être encadrée. Et ce rapidement. Sous peine de voir tout et n’importe quoi se développer au mépris des porteurs et de tous les acteurs de la santé visuelle, à commencer par les opticiens.

Marie-Dominique GASNIER