Juin 2024

Mensuel pratique et interactif de l’optique

Édito

Mieux définir<br />
les rôles<br />
des 3 “ 0 ”

La veille du congrès de la SFO (Société française d’ophtalmologie), l’Association des optométristes de France (AOF) a publié un communiqué de presse dénonçant “l’exclusion” des opticiens et optométristes de l’événement qui avait lieu du 4 au 6 mai dernier. Situation d’autant plus injustifiée, selon l’association, que la part des cabinets d’ophtalmologie ayant recours à des opticiens dans le cadre du travail aidé a augmenté considérablement ces 4 dernières années pour atteindre près de 20 %. La même semaine, le syndicat des orthoptistes (SNAO) a tenu à alerter sur les dérives potentielles des fonctions des assistants médicaux au sein des cabinets qui se verraient parfois confier certaines tâches réservées uniquement aux orthoptistes, comme des bilans orthoptiques, d’explorations, de champs visuels, etc. Bien au-delà des compétences décrites dans leur référentiel métier.
Au-delà du caractère polémique, ces réactions révèlent avant tout l’urgence à définir clairement la place de chacun des intervenants au sein de la filière visuelle. Et ce quel que soit leur lieu d’exercice : on ne peut, à la fois, reconnaître les compétences des opticiens en réfraction et dans l’adaptation lentilles en cabinet et les ignorer en dehors. Tant qu’il n’y aura pas une évolution claire du rôle de chaque professionnel de santé dans le cadre d’une collaboration interdisciplinaire, l’objectif de tous les acteurs, en l’occurrence l’accès pour tous et partout aux soins visuels, restera non pas lettre morte, mais plus complexe à atteindre. Cette coordination professionnelle peine souvent à voir le jour au niveau des instances représentatives, comme en témoignent les différentes versions du décret d’application de la loi Rist qui n’a toujours pas été publié mi-mai. Il n’empêche : nombreux sont les 3 “O” à travailler de concert, que ce soit au sein d’un même cabinet, d’une CPTS, ou d’un réseau local d’échanges entre cabinets, orthoptistes libéraux et opticiens en magasin.

Marie-Dominique Gasnier