Ministère de la Santé : une succession
à venir, des urgences criantes

Les élections législatives de juin 2022 n’auront pas laissé le gouvernement indemne : ministre de la Santé et de la Prévention depuis le 20 mai, la députée sortante (élue en 2012, puis 2017) Brigitte Bourguignon a été battue de justesse dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais par son adversaire du Rassemblement national, Christine Engrand. Conformément aux principes appliqués sous la mandature d’Emmanuel Macron, la candidate de la majorité présidentielle doit donc quitter ses fonctions ministérielles, sans avoir eu le temps de les occuper pleinement, puisque la composition de son cabinet était en cours de finalisation. Le temps nécessaire à sa succession est une mauvaise nouvelle pour un système de santé en attente de décisions fortes, avec une offre de soins en grande souffrance : services d’urgences en difficulté, dont plus d’une centaine fonctionnent au ralenti, moyennant des fermetures la nuit ou le week-end ; fermetures de lits dans le secteur hospitalier, faute d’infirmières ; maternités sous tension, faute de sages-femmes… Sans compter les difficultés d’accès à la médecine de ville et aux prescriptions dans de nombreux territoires en sous-démographie médicale. Autant de dossiers urgents et sensibles pour celui ou celle qui succédera à Brigitte Bourguignon, dont le profil était apprécié, jusqu’ici, par un secteur en demande, notamment, d’une revalorisation financière de la “permanence des soins”. Des noms circulent, déjà cités en mai dans la foulée de la réélection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Comme celui d’Olivier Véran, réélu en Isère, prédécesseur de la ministre sortante et actuel ministre délégué chargé des relations avec le Parlement ; celui de Thomas Mesnier, proche du Président de la République et rapporteur général de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale et du budget de la Sécurité sociale, un médecin-urgentiste qui a été élu député dans les Charentes ; ceux de Nicolas Revel, 56 ans, ancien directeur de la Cnam, d’Aurélien Rousseau, ancien directeur général de l’ARS Ile-de-France et actuel directeur de cabinet de la Première ministre Elisabeth Borne, ou encore de Stéphanie Rist, médecin rhumatologue, réélue dans le Loiret. À l’heure où nous bouclons ce magazine, la nomination n’avait pas encore eu lieu.