360°
Un séminaire Optikid placé sous le
signe des 3 “O”
Le 18 janvier 2026, les rencontres médicales et scientifiques Optikid (Luz) ont réuni à Paris des profes- sionnels de la vision autour des 3 “O” dans un esprit de collaboration et de partage. Cette journée a fait le point sur les avancées scientifiques et “tech” au service de la pédiatrie, de la freination de la myo pie et de la prise en charge de la basse vision. Le Pr Dan Miléa a ouvert la journée en présentant l’ap port croissant de l’intelligence artificielle en neu ro-ophtalmologie. Décrite comme une “intelligence humaine augmentée”, l’IA permet de détecter des anomalies rétiniennes parfois imperceptibles à l’examen clinique, telles que l’œdème papillaire ou certaines neuropathies optiques. Entraînée sur de vastes bases d’images internationales, elle fournit des probabilités diagnostiques, des heatmaps ex plicatives et des données prédictives utiles, notam ment chez l’enfant, pour sécuriser les diagnostics complexes. Mais son déploiement reste condition né par des enjeux de coût, de portabilité et d’orga nisation du parcours de soins. La freination de la myopie a constitué un autre temps fort du séminaire. Le Pr Nicolas Leveziel a rappelé, à la lumière des méta-analyses récentes, l’efficacité des stratégies disponibles : verres freinateurs, lentilles spécifiques, orthokératologie, lumière rouge et atropine faible dose. Si certaines approches comme la lumière rouge montrent des résultats prometteurs, les verres freinateurs et l’atropine demeurent les options les plus simples à mettre en œuvre et les mieux tolérées, quitte à les combiner.
BASSE VISION, MYOPIE : L’IMPORTANCE D’UNE COLLABORATION ENTRE PROFESSIONNELS
L’orthoptiste David Lassalle a, de son côté, présenté l’apport de l’IA en strabologie et en orthoptie, notamment pour objectiver les angles de déviation et analyser les mouvements oculaires. Et les orthoptistes Marie-Laure Laborie et Muriel Moindrot ont souligné l’intérêt de l’oculométrie comme outil d’aide au diagnostic et au suivi de la rééducation, en particulier chez l’enfant ou dans des contextes neurodéveloppementaux. Enfin, le Pr Luc Jeanjean a rappelé que la basse vision (diabète, DMLA, glaucome, neuropathies optiques, etc.) concerne près de 2 millions de personnes en France et impose une prise en charge globale et pluridisciplinaire. La rééducation basse vision joue en outre un rôle clé pour préserver l’autonomie et rompre le cercle de l’isolement et de la sous-stimulation.
Pour sa part, l’opticienne Isabelle Solti a insisté sur le rôle déterminant de l’équipement et du suivi. Le choix d’une monture stable, le centrage précis du verre, une distance verre–œil réduite et une hauteur de monture adaptée sont indispensables pour garantir l’efficacité des zones de défocalisation. Elle a également souligné l’importance de la pédagogie auprès des enfants et de leurs parents : il s’agit d’un traitement visant à ralentir la progression de la myopie, et non d’une simple correction optique, impliquant des contrôles et des ajustages ! En somme, une journée au service de la filière visuelle. Et des patients.
POINTS CLÉS POUR L’ÉQUIPEMENT EN VERRES FREINATEURS
• Monture stable, en plastique, bien ajustée
• Centrage constant du verre devant la pupille
• Distance verre–œil < 10 mm
• Hauteur de monture adaptée (20–25 mm)
• Suivi recommandé : contrôle à 15 jours, puis à 3 mois, et ajustements réguliers