360°

Une filière visuelle suspendue
aux arbitrages

Le contexte politique actuel en France, marqué par un PLFSS 2026 aux débats inachevés à l’Assemblée nationale, freine les avancées réglementaires ma jeures. Plusieurs dossiers structurants de la filière visuelle restent ainsi en sus pens, bien que certains semblent proches d’une concrétisation… On fait le point

Actus

Expérimentation “opticiens en Ehpad”
Cette expérimentation menée dans 2 régions pi lotes (Centre-Val de Loire et Normandie) prévoit que les opticiens réalisent des réfractions visuelles et renouvellent des dispositifs médicaux (verres correcteurs, lentilles) auprès des résidents âgés dans le cadre d’un renouvellement. Prolongée jusqu’au 31 décembre 2025 sans calendrier de généralisation, elle n’a pas été prolongée officielle ment à ce jour. Le temps presse !

Adaptation de la primoprescription
Le décret de 2024 a élargi le rôle des opticiens, mais sa mise en œuvre a laissé des zones grises. En mai 2025, le Conseil d’État a tranché après le recours du Snof : la clause de réponse « réputée favorable » sous 10 jours est annulée et toute adaptation de primo-prescription exige un accord écrit de l’ophtalmologiste. Toutefois, les syndicats d’ophtalmologistes et d’opticiens sont en passe de trouver un accord. Reste à concrétiser cette convergence sur le plan législatif et politique.

“Prime” au 100 % Santé
Fixé à 42 € TTC par équipement, ce bonus est main tenu jusqu’au 1er juillet 2026 sans dégressivité tari faire. Et ensuite ? Pas de réponse ferme à ce stade.

Freination de la myopie – verres Miyosmart
Le remboursement par l’Assurance maladie est effectif (code LPP spécifique depuis juin 2025), mais des difficultés subsistent avec les codes LPP sur ordonnances et les retards d’intégration au tiers payant, entraînant avances importantes de frais ou des situations de blocages pour les familles.

Téléexpertise et télémédecine
Les Assises de la télémédecine ont rendu leur rap port le 26 janvier 2026. Sur le terrain, la téléexpertise poursuit sa progression, avec environ 1 500 magasins aujourd’hui équipés. Le texte n’introduit pas de changement majeur ou immédiat, mais insiste sur la nécessité de mettre de l’ordre dans son encadrement juridique

Lutte contre la fraude et articulation AMO/AMC
Le projet de loi de lutte contre la fraude, en séance publique au moment de notre bouclage, a été amendé en commission des Affaires sociales concernant le périmètre des données de santé « exploitables » par les Ocam :
• informations agrégées ou codées uniquement, traitement limité des données détaillées (prescriptions, images) ;
• tiers payant restreint aux infos d’identification des actes ;
• accès aux données limité aux médecins-conseils des Ocam ;
• interdiction de tarification basée sur pathologies. Ces mesures, critiquées par Séverine Salgado (directrice générale de la Mutualité française) comme un “permis légal de fraude pour certains professionnels”, cristallisent les débats… Parallèle ment, la mission sur l’articulation Assurance maladie obligatoire/Ocam, annoncée par la ministre de la Santé Stéphanie Rist en novembre 2025, doit démarrer début 2026. Réponses attendues dans les prochaines semaines.