Bien Vu Novembre 2018 Nº 271 - Copyright Novembre 2018

Des chiffres (enfin) et des incertitudes encore

En octobre, la réforme RAC 0 rebaptisée 100 % santé est revenue sur le devant de la scène. Inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2019, elle est en discussion jusqu’à la mi-novembre à l’Assemblée nationale puis au Sénat avant le vote du PLFSS mi-décembre. Avec cet examen par la représentation nationale, c’est la 2e manche de la réforme qui se joue. On pouvait s’y attendre, un bras de fer s’engage entre les pouvoirs publics et les acteurs de la complémentaire santé sur la question des hausses de cotisations à prévoir avec la mise en place du panier RAC 0 au 1er janvier 2020. Pour le moment, la position de la ministre de la Santé et des Solidarités est claire, chiffres à l’appui : il ne peut y avoir pas d’augmentation des cotisations, les Ocam doivent participer à l’effort demandé à tous les acteurs de la filière, d’autant qu’il reste minime, 250 millions € pour les 3 secteurs concernés, optique, audiologie, dentaire. Pourtant, depuis début octobre, des études issues du monde de l’assurance complémentaire (Carte Blanche Partenaires, Mercer, Santiane) se succèdent pour asseoir l’idée que le 100 % santé sans hausse des cotisations Ocam est intenable. Seul Thierry Beaudet, président de la Mutualité française reste prudent jusqu’à maintenant et ne se hasarde pas à des calculs. Rappelant que trop d’inconnues subsistent pour dire ce qu’il en coûtera et que tout reposera sur le pourcentage de patients/consommateurs qui optera pour une offre RAC 0. Une incertitude qu’intègre l’étude sur l’impact du RAC 0 que le Gifo a commandée auprès du cabinet Asterès. Nous en publions la synthèse dans ce numéro. Cette étude élabore 3 scénarios possibles, en fonction du nombre de consommateurs qui choisiront le panier RAC 0 ou une offre dissociée (monture et verres panachés RAC 0 et marché libre) et surtout qui “s’aligneront” sur la baisse du plafond de remboursement des montures à 100 €. Car, effectivement tout l’enjeu est là. Quel que soit le scénario, les grands perdants de la réforme sont, sans surprise, les fabricants et les opticiens avec une baisse de 2 à 10 % de leur CA. C’est beaucoup. Et le quotidien, en magasin, ne sera pas simple, surtout pour ceux dont le taux de résultat net ne permet pas d’envisager une telle baisse. 1 500 magasins pourraient être concernés, selon les évaluations d’Asterès. Toutes ces évaluations ne lèvent donc qu’en partie les incertitudes. Elles mettent en évidence pourtant un point fondamental : l’impact de la réforme ne dépend que d’une chose, le comportement de vos clients à partir de 2020. Or c’est vous qui les informerez au premier chef sur le nouveau dispositif et pourrez les convaincre de se tourner vers des équipements qualitatifs. L’indécision actuelle de vos clients est un de vos atouts majeurs.

Marie-Dominique Gasnier

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